La Clenche

Clenche, nom féminin: Partie du loquet d'une porte.

17 octobre 2008

On ferme

Oui, parce que c'est tout un travail pour tenir un blogue, qu'il soit lu et qu'il y ait pas de fautes d'orthographes.

Faut pas croire que ça tombe du ciel, les blogues les plus consultés sont soit ceux des gens établis par ailleurs, soit des gens qui postent régulièrement. Je suis irrégulier et absolument pas établi, donc tenir un blogue n'a que peu d'intérêt (à part pour moi et mes potes, m'enfin bon, j'existe aussi en chair fraîche et en os).

Donc voilà, je m'arrêterai pas d'écrire, mais je le ferais plutôt pour des fanzines et des publications collectives.

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07 octobre 2008

"Il n'y a plus de fous"

Ca fait bizarre.

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On se cogne comme ça sur un communiqué, comme il en existe plein. Sur telle ou tel camarade, tombé au loin, dans une sorte de guerre qui ressemble à la nôtre.

On se cogne dessus, comme on se cogne dans un meuble, parfois, dans une pénombre suffisante pour garantir le désordre des gestes. Et puis on se dit « merde » et on repart, sans autre chose qu'un petit bleu de rien du tout dans sa tête.

On se cogne dessus, on ricoche, c'est jamais bien grave, on va pas se pourrir le cerveau.

 

Ca fait bizarre quand on remet pas tout de suite la tronche d'une photo sur du vécu. Du petit vécu, me concernant, quelques échanges sur une place de Oaxaca, entre deux manifestations, entre deux banderoles et stands d'artisanat, de colifichets punks.

Je suis pas resté bien longtemps dans cette ville qui tient debout.

J'y suis resté suffisamment pour y voir quelques rares «gueros » (les « petits blancs », terme assez affectueux au Mexique, en opposition à « gringo », tout de suite plus péjoratif) s'activer au milieu de tous. Souvent avec les collectifs plutôt libertaires, donnant un coup de main par-ci par-là.

J'avais été marqué par ces visages, ces attitudes confiantes, alors que la police crachait souvent des balles, sans trop se soucier du résultat. Un peu naïf, sans doute, résolument anachronique, ça c'est sûr, j'avais une pensée automatique pour les Brigades Internationales de la Guerre Civile Espagnole. Et en bref pour tou-te-s ces gens qui avaient, au cours des temps, laissé leurs frontières de côté pour rejoindre « la patrie humaine ».

 

Un ami à moi, en France, me disait souvent : « J'ai toujours voulu savoir quels têtes il-elle-s avaient, pendant la Commune ou bien en Espagne 36, ça m'intrigue, leurs têtes, leurs visages... »

 

Moi aussi.

 

J'apprends donc dans un communiqué que l'activiste américaine Sally Grace a été retrouvée morte, violée à San Juan del Pacifico.

 

Juste le temps de me dire dans ma tête « Ben y'avait pas beaucoup de « gueros » à Oaxaca pendant cet été, je dois forcément la connaître ».

 

Effectivement.

 

Sans doute que son meurtre n'est pas « pour motif politique ». Le présumé assassin a même été serré, je crois.

Cette nana faisait des reportages pour Indymedia, prenait des photos, faisait des manifs, des ateliers avec les femmes, des concerts punks... Elle vivait, elle riait, elle dansait. Quand je l'ai vue cet été, en tout cas, c'est ce qu'elle faisait. Elle sera pas morte sur une barricade comme Brad Will quelques années auparavant, lui aussi activiste, lui aussi américain... Je sais bien que c'est pas ça qui importe.

 

Juste l'ironie obscène de la chose. Qui me bloque le souffle.


 

Le monde est bien laid, ce soir.
Et il n'y a plus de fous.

Boomp3.com

 


"Il n'y a plus de fous

Tout le monde est devenu sérieux, horriblement, terriblement sérieux

Il n'y a plus de fous

Quand se perd la raison? Je pose la question

Quand donc se perd la raison?

Sinon aujourd'hui quand une vie vaut moins que l'urine des chiens

Il n'y a plus de fous, l'ami

Il n'y a plus de fous

Il n'y a plus de fous

Il est mort le Chevalier à la Triste Figure

Et l'extravagant fantôme du désert

Il n'y a plus de fous, l'ami

Il n'y a plus de fous "


Chanson de Paco Ibanez, adaptée d'un poème de Leon Felipe


Rien à rajouter pour l'instant.

 

Je vous laisse avec cet article d'une de ses amies de là-bas.

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01 octobre 2008

Les Sarkofiottes - Juste un bruit doux

Ils étaient au Festival de la Désobéissance et de l'Insoumission, qui avait lieu ce week-end au bord de l'étang de Treffieux-Gruellau. C'était buccolique, chaloupé et parfois titubant (grâce à la célèbre "choulette", bière des Faucheurs Volontaires, qui abat aussi sérieusement les plants de maïs que les plus robustes gaillard-e-s). Il y avait des chapiteaux, des clounes, des jongleurs, des débats et aussi, donc, des punks.

Et notamment, les Sarkofiottes.

groupe

Donc.

Sous un chapital survolté par l'excellentissime prestation du groupe Pas de Nom Pas de Maison (fanfare klezmer-balkan-truc de djeuns, z'ont pas de nom, z'ont pas de maison, mais z'ont un Myspace), ils firent leur entrée, la crête tendue vers la Voie Lactée.
C'est du bon vieux punk, avec tout un tas de chansons-bannières pour toute la bande d'agité-e-s qu'on était ce soir-là.


Sarkofiottes video
envoyé par roapportelabinche


Forcément, y'a toujours des gens pour trouver ça vulgaire et un peu bruyant. Mais des gros mots ça reste tout de même moins cradingue que l'obscénité qu'on nous sert en permanence à l'Assemblée Nationale ou bien sur TF1 et consorts. Il-Elle-s sont punks, et vous emmerdent en conséquence.

J'avais commencé à les connaître, via la reprise d'un de leur tube ("Les pieds dans le béton") par un immense bonhomme, JC Lalanne dit Le Prince Ringard. Avec qui joue le guitariste-à-crête des Sarkofiottes, justement.
 

LalanneVsSarko

J'écrirai sans doute un article sur cet artiste, autoproclamé "le plus bandant depuis Luis Mariano". J'aime bien les gens qui prennent pas de gants pour tenir un micro.


Les Beaux Dimanches 10 juin 2007
envoyé par KittyKamera

Là, dans cette vidéo vous trouverez JC Lalanne et un morceau, aussi, des Sarkofiottes, au festival de Brest ("Beau Dimanche", je crois). Le son n'est pas très très très bon, mais bof, quoi, c'est pas bien grave.

Je suis donc reparti de Treffieux-Gruellau, sans savoir replacer ce bled sur une carte de France et avec le dernier CD des Sarkofiottes sous le bras: "C'est pas nous les méchants".

album

Dedans il y a que des bombes sonores aux noms évocateurs: "Hors la loi", "Drapeau Noir", "Faut qu'ça pète", "Guerilleros Attitude"... ainsi que des morceaux un peu plus doux (une reprise du "Triomphe de l'anarchie", vieille chanson-à-barbe dont j'ai toujours apprécié les paroles).

Je vous laisse en télécharger une partie sur leur site web et puis remplir un bon de commande à prix libre pour consommer la suite.

Et hop!


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27 septembre 2008

Répit

Je pars en week-end.

Donc, je mets en apétizer cette vidéo au son pas trop dégueu d'un des meilleurs groupes instrumentaux que j'ai vu au Mexique: Los Straitjackets. Je ne suis absolument pas sûr qu'ils sont mexicains...

A suivre, un article sur le "psychobilly", la musique surf et les télénovelas mexicaines avec des catcheurs masqués.

Ca promet, non?

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23 septembre 2008

Boum et re-boum

Alors autant j'aime bien Louise Michel

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Ca c'est Louise Michel

Autant j'aime bien aussi les Louise Mitchels:

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Ca c'est la pochette de l'album split des Louise Mitchels avec the Famous NTM

Je les ai vu en concert l'année dernière dans une salle parisienne de débats et de rock'n'roll.
J'ai beaucoup aimé, c'est pour ça que j'en parle.

Il y a une guitare, une batterie et d'autres trucs entre les deux. Parfois du saxophone, parfois d'autres trucs qui font du bruit aussi. Alors, au début ça décoiffe un peu. Ceci dit, ça reste du rock'n'roll (je dis ça pour celles et ceux qui en douteraient encore). Ecoutez voir:
 

Boomp3.com

Ayant toujours fui les classes de musique, je saurais pas trop décrire avec des mots ce que ça fait sur du papier à portées. Anatomiquement, ça hérisse le poil dans le bon sens.


Boomp3.com

Ca, ça me fait beaucoup rire...

De surcroît, pour ne rien gâcher, les visuels d'albums sont magnifiques en k7 comme en Vynil. Mais là, j'ai un bug avec Canalblog, il veut pas que je vous les montre.


Boomp3.com

Ben voilà, je peux pas vous montrer les photos, alors je vous fait écouter ce morceau de leur dernier album. C'est assez Johnzornien...

Sur leur site, où que vous pourrez tout télécharger (pour découvrir, après, c'est point cher de toute façon), ils disent que c'est du "free punk".
C'est la moindre des choses pour du punk, non? C'est en tout cas vraiment un groupe à suivre, ainsi que toute cette mouvance DIY (Do It Yourself) qui tourne de petites salles en petits bars et petits squats, en faisant du gros gros son et des choses enfin inventives et belles.

Parce que sinon, on se fait chier, non?

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Pour les parigot-e-s, ils passent à la Miroiterie, en novembre. Yipiii! Pour les autres, tout est sur leur site.


PS qui a à voir: Et le 24 décembre 2008, joli cadeau de Noël, le film "Louise Michel" de Benoît Delépine et Gustave de Kervern avec Yolande Moreau et Bouli Lanners sort. Ca fait un certain temps que je l'attend... (après le bonheur que j'avais eu à voir leurs deux précédents: "Aaltra" et "Avida".
J'attends impatiemment le retour de mes envoyés spéciaux au Festival de Quend, qui ont pu le voir en avant-première.

PPS: Ben merde, sur la première page du blogue du Festival de Quend on voit la tronche à Siné. Indécrottable.

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21 septembre 2008

Banned in DC - En direct de la scène punk de Washington

Heva et Chris ont grandi au milieu des années 90, en plein dans la ville qui fut le bastion de la musique punk-hardcore aux USA: Washington DC. Maintenant artistes (sculpture, peinture, nombreux instruments de musique...), je les ai croisé et hébergé à la fin de leur voyage en Europe. Nous avons discuté ensemble de leur expérience de la contre-culture à l'américaine et de ce qu'ils avaient retiré de leur voyage en Europe.

Pouvez-vous un peu me raconter votre parcours?

Heva: Moi j'ai eu un parcours de fille presque modèle jusqu'à la vingtaine, tout en m'échappant en permanence pour aller dans tes trucs underground. Après, j'ai un peu officialisé le truc par rapport à ma famille, quand j'ai pu être autonome financièrement. Ca leur a fait bizarre... Ici, beaucoup de parents flippent d'avoir des enfants en dehors des clous: si leur gosse est trop speed, si l'enfant est trop mou, il y a à chaque fois un médicament à prescrire.

Chris: N'ayant pas mes parents sur le dos, j'ai été plus directement un sale gosse. J'ai bossé dans une petite salle qui jouait pas mal de punk, le Amsterdam, ça n'a pas tenu très longtemps, mais ça m'a permis de rencontrer pas mal de gens, de groupes. Ensuite, j'ai cumulé tout un tas de McJobs... et aussi des boulots plus marrants. Une fois j'ai bossé comme relieur dans une bibliothèque universitaire, au bout de deux jours j'avais compris comment insérer des pages supplémentaires dans les bouquins qu'on me donnait à relier. Je mettais des pages de zines dans les encyclopédies, des textes d'Ivan Illich dans les bouquins de médecine, j'enlevais les pages de pubs des manuels scolaires et je remplaçait par des extraits de livres subversifs...


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Comment vous êtes-vous rencontrés?

Heva: On ne saura jamais si c'est le hasard le plus complet... ou le destin. Mais on était à moitié endormis, déprimés, dans un train de nuit.

Chris: Le mode de vie à l'américaine, ça rend peut-être bien dans les films, mais pour les jeunes, c'est surtout synonyme de frustration et de rejet. On s'est reconnu là-dedans.

Les coins où vous étiez étaient réellement déprimants?

Heva: Oui et non, j'imagine qu'on peut ressentir ce sentiment partout ailleurs. C'est ça qui est terrible en fait.

Et la scène punk présente une alternative à cet état d'esprit?

Heva: Dans les coins où on jouait, il n'y avait pas que des punks « classiques ». On expérimentait tout un tas de formes musicales, de groupes expérimentaux ennuyeux, du hip-hop... On n'est pas bloqué par la forme « traditionnelle » du punk, c'est justement ça qui est punk. D'ailleurs, je retourne aux US pour enregistrer un album de musique plutôt électronique, je sais pas ce que ça va donner.

Chris: Il y a un truc assez différent entre ici et la France, par exemple, c'est que dans notre coin, il n'est absolument pas compliqué de trouver des salles pour jouer. Le système des « house share », où plusieurs jeunes se groupent pour partager de grands apparts, permet d'organiser assez régulièrement des petits concerts, souvent dans les garages.

C'est souvent entre ami-e-s, le niveau musical n'est pas celui de « professionnels » mais ce que tu gagnes en liberté et en spontanéité est indéniable.

Heva: J'ai joué dans une vingtaine de groupes, tous différents, parfois franchement craignos au niveau du son. On changeait parfois juste de nom. Je me suis retrouvé une fois à faire la batterie dans un groupe punk-noise alors que bon... la batterie, c'est pas du tout mon truc. Hé bien, c'est passé quand même. C'est dire l'esprit d'ouverture qu'il y avait parfois...

Chris: Quelque chose aussi marquant aux US, c'est le rapport aux milieus de contre-culture, c'est le fait que le pays soit gigantesque et encore très sauvage par endroit. Avec le « train-hopping » et l'auto-stop comme moyens de transports, le voyage devient un mode de vie à part entière. C'est un peu l'héritage des hoboes, de la période beat avec « On the road »... c'est encore bien vivant tout ça.

Heva: Je pense que du coup, ça joue sur la forme d'engagement politique. Jeune, tu peux très vite te retrouver dans des pensées politiques très radicales, très romantiques, mais parfois très individualistes... voire « libérales » au sens où vous l'entendez en France.


mec

Des gens comme Thoreau, Hoffman...?

Heva: Oui, voilà

Chris: Mais ça ne nous empêche pas de faire fonctionner des outils plus « collectivisés » comme les différents Indymédia, où j'ai bossé quelque temps.

Mais est-ce que ça débouche sur des actions politiques forcément différentes des nôtres en Europe?

Heva: A vrai dire, je ne suis pas sûre d'être capable de comparer, je connais peu l'Europe. J'ai l'impression de n'avoir vu que des situations particulières. Personnellement, le sentiment de révolte et de frustration que j'ai en moi, je l'ai élaboré au contact des lectures... notamment "L'homme révolté" de Camus, qui est français. Mais c'est que je suis issu de la classe moyenne tu vas me dire... mais en fait, 80% des punks que j'ai rencontré le sont. Il y a moins de complexes par rapport à ça qu'en Europe où j'ai l'impression qu'il y a une tradition anarchiste révolutionnaire ouvrière... J'ai l'impression que beaucoup de groupes en Europe tiennent à cette tradition. La contre-culture est forcément d'une manière ou d'une autre le reflet de la culture dominante.


slam


Qu'est-ce que tu veux dire par là?

Heva: Ce que je veux dire, c'est que l'on vit dans un système du tout-économique, avec de plus en plus de ramifications dans nos vies privées. On peut voir les conséquence de ce système, quelle que soit la classe sociale, finalement. Tout le monde s'ennuie. Tout le monde voit ses rêves mis au placard, pour faire fonctionner la machine. Donc nous, notre but en tant que contre-culture, c'est d'abord d'attaquer ça en plein là où ça fait mal: musicalement on cherche des rythmes rapides, simples, le corps peut bouger tout seul. Dans les images, on cherche aussi la violence, pour réveiller celui qui regarde les murs, où il y a des kilomètres de banderoles publicitaires...

Chris: Je sais pas si on peut dire "en tant que contre-culture"... ça fait un peu comme si on avait une mission... une mission historique... je ne sais pas trop. Quand j'ai commencé à vivre là-dedans, c'était d'abord parce que j'y trouvais toutes les sensations condamnées par le système. La joie, la vitesse, les solidarités, les formes de déviance enfin célébrées...

Heva: Oui voilà, la première chose qui définit la culture punk, c'est le fait de s'échapper de la routine, de l'ennui, des formes d'exploitation. C'est pour ça que tout est auto-produit, que les CD sont gravés, que ça ne coûte rien et que ça rapporte rien non plus. Il faut faire circuler le maximum d'énergies et de nouveautés. Il faut bouger le plus vite possible pour pas se faire rattraper.

Interview réalisée-improvisée en février dernier...

 

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18 septembre 2008

Malyn requyn de la phynance, cet article est pour toi

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Etonnant non?

Ben voilà, c'est la rentrée, il y a des bons petits placements à faire si vos poches débordent. Commençons, si vous le voulez bien, sous la menace:

L'ABONNEMENT OU L'ABANDON
De chez nos collègues de CQFD, valeureux journal de critique sociale, canine et rougeoyante. Je n'en échangerais pas un gramme contre dix containers de "Siné Hebdo", journal ne faisant même pas rire les bidasses. (Et dont les mots-croisés sont lamentables).
Voilà, si vous le voulez bien, abonnez votre patron et vos traders de la Société Générale préférés.


POUR QUE SILENCE EXISTE EN 2009
Une fois ceci fait, ne remballez pas le chéquier, il y a d'autres copains-copines à soutenir. Quittons la Canebière de chez ceux z'et celles de CQFD pour aller dans la verdure lyonnaise avec la revue Silence.
Ouaip, cette revue publiée depuis maintenant 26 ans (!) et qui fait le régal des petits et des grands, écolos, non-violent et autres. J'aime beaucoup l'esprit du journal, qui contient à la fois un répertoire d'associations et d'évènements et des articles intéressants, bien fouillés.
Ils ont également des grosses galères de thune pour publier leur mag en 2009. Hésitez donc pas à leur filer un ou deux lingots.

Et pour vos derniers euros...


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Une compilation de soutien aux antifascistes russes, avec Open Season, Los Fastidos, Atatassiagröp, Microphone Mafia, Talco, Marcus Pepper Love Revue, Kai Degenhardt, Rejected Youth, Davis Hillard and the Rocksteady 7, No Relax, Pannoia Allstars Ska Orchestra, Angelic Upstarts, Redska, Razor Bois, The Movement, Red Union, Blaggers Ita, What We Feel, Three O´Clock Heroes, The Oppressed, Klowns.

Disponible sur toutes les bonnes tables de presse, sinon ça se commande en Allemagne aussi. 11 CD coûtent 50 euros. Pas cher, hein? C'est un beau cadeau pour les jeunes (d'après ce que j'en ai écouté, ça déménage sec sec sec).

Mon petit doigt me dit que sur Paris, il y aura bientôt un concert de What We Feel (présent sur la compil), groupe de hardcore russe, avec débat à la clef.





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Et encore merci ....

16 septembre 2008

La Commune de Oaxaca - Chroniques et considérations

Par George Lapierre
Préface de Raoul Vaneigem
Aux Editions Rue des Cascades

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Il m'est un peu difficile de produire un article sur le bouquin en lui-même: en effet, je l'ai surtout lu en diagonale, en revenant de Oaxaca, justement. Je ne ferais donc pas de fiche de lecture détaillée, je vous enjoindrais juste à l'acheter et à le lire. Tout bêtement.

Comme son titre l'indique, il s'agit ici d'une collection de textes, récits, analyses et lettres, issus du mouvement de Oaxaca, depuis 2006 jusqu'aux remous récents au sein de l'APPO (Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca, organe constitué en 2006, sorte de "mouvement des mouvements", rassemblant les différents acteurs-trices des mois de la Commune).

La préface de Vaneigem, comme on peut s'y attendre lorsqu'on a déjà beaucoup lu du bonhomme, est un délice et nous place dans un contexte historique pour le moins intéressant: "Il serait temps que - réagissant contre la passivité, le manque de créativité, le fatalisme, l'obédience aux bureaucrates politiques et syndicaux - les démocrates européens, avilis, crétinisés, couillonnés par les démocraties corrompues qu'ils ont portées au pouvoir, découvrent dans la volonté d'émancipation qui se manifeste à Oaxaca la conscience de cette dignité humaine qui, de la Révolution Française au mouvement des occupations de Mai 68, n'a cessé de faire entendre ses exigences".

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Le bouquin contient un ensemble de chroniques, tenues par George Lapierre, alors à Oaxaca durant cette période allant de fin septembre 2006 à fin janvier 2007. Il nous prévient tout de suite qu'il ne recherche pas la position "neutre" de l'historien: "Ne nous berçons pas d'illusion et de doux mensonges, dans cette affaire l'objectivité du témoin, du journaliste, ou de l'historien, n'existe pas, elle n'a jamais existé. Parler d'objectivité dans ce cas, ce serait tout au plus exprimer la gratitude de l'Etat envers son flatteur pour le dithyrambe qu'il aura commis. Une insurrection reste toujours l'expression la plus pure d'un subjectivité. Au cours d'un mouvement insurrectionnel, nous devenons sujets d'une histoire qui se construit ; prétendre alors à l'objectivité, c'est passer de l'autre côté des barricades, du côté de l'Etat."

J'ai particulièrement apprécié, ce qui ravira le-la lecteur-trice un peu perdu par le dépaysement, la présence des documents qui prennent une bonne part de l'ouvrage. On y trouve des textes produits par les acteur-trice-s du mouvement, notamment de la frange "libertaire" du VOCAL (Voix Oaxaqueniennes Construisant l'Autonomie et la Liberté).

Et aussi, ah! Ce texte de Ricardo Flores Magon (l'"anarchiste" oublié de la révolution mexicaine...) sur la signification de la barricade: "Elle est difforme et belle tout à la fois. Difforme par sa constitution, belle par sa signification. Elle est un hymne fort et robuste à la liberté, elle est la protestation formidable de l'opprimé
- Une barricade dans chaque ville au même moment, et la liberté jaillira de mes entrailles, lumineuse, rayonnante comme la respiration d'un volcan! Obscure comme je suis, j'illumine. Quand le pauvre m'aperçoit, il soupire et se dit: enfin!
"


 

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Ce livre s'adresse donc en priorité aux personnes qui n'ont pas forcément suivi la Commune de Oaxaca dans les médias alternatifs, puisqu'il a le mérite d'être complet et lisible par tou-te-s.
Pour les autres, qui se sont déjà immergé dans cette histoire complexe, il faut également acheter ce livre (bah oui) notamment pour les analyses politiques.

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The Bad Brains: des rastas dans le pit!

C'est un groupe mal connu, que l'on retrouve tout de même dans certains écrits se rapportant à l'effervescence hardcore du côté de Washington.
A la première écoute, disons-le tout de suite, c'est du rugueux. Morceaux courts, directs, violents, solos grinçants... sans parler de la voix de HR qui est souvent crédité comme "Gorge" sur les pochettes d'albums.

Ca c'est "The Big Takeover", un de leurs morceaux phare avec une intro extrêmement flippante.

Les concerts de l'époque sont tout simplement fous. On y voit le groupe bourriner ses instrus au milieu d'une foule de jeunes, blancs, noirs, punks, rastas...et HR au milieu de la scène, en transe, se roulant par terre ou bien les yeux exhorbités, droit comme un I. Certaines vidéos sont vraiment très marrantes (les coupes de cheveux...).

"Banned in DC"... vu qu'ils s'étaient fait interdire pendant un petit temps les concerts à Washington à cause de tout le bordel que ça entraînait!

Il y a un je-ne-sais-quoi dans le son des Bad Brains que je n'ai jamais retrouvé ailleurs. Peut-être le jeu très lourd de la basse sur certains morceaux. Ou bien l'agressivité. Ou bien le passage curieux, au sein d'un même album, entre un truc de punk et un truc de reggae très planant (superbement chanté, par le même mec qui hurle!). Enfin vraiment j'en sais trop rien, ça fait vraiment du bruit bien comme il faut et j'aime.


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Je sais, le groupe a bien changé par la suite, le son s'est assagi, les morceaux se sont fait plus distendus. On retrouvera encore quelques perles, plus rares, avant qu'ils ne sombrent dans une sorte de reggae-punk que je trouve plutôt désagréable à écouter. Et puis les élucubrations mystico-religieuses ne m'excitent pas trop le tympan.


Albums à avoir:

- La compil "Banned in DC" est excellente, presque exempte de bouses. Le livret est correct, mais fait un peu mal aux yeux (c'est écrit petit)

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- "Rock for light" est une bombe, avec une des pochettes les plus moches de l'histoire du hardcore.

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Etonnant non?

- Les "Omega Sessions" s'écoutent avec bonheur, ainsi que le concert à Amsterdam (le son est pas terrible, mais finalement pas pire qu'en studio...)

13 août 2008

Guérilla en Kit et Recettes pour un Désastre

Deux "guides militants" à lire, re-lire, commenter et amender...

J'ai envie de vous parler de ces deux bouquins, l'un français ("Guerrilla Kit", textes rassemblés par Morjane Baba, publié aux Editions La Découverte, petit bouquin de poche), l'autre amerloque ("Recipes for Disaster", publié par le CrimethInc Ex-Workers Collective, gros pavé).

Ils ont le point commun d'être conçu comme des guides militants, dans lequel vous trouverez divers descriptions de modes d'actions et d'organisation. Ca parle de manière plus détaillée de prise de décision au consensus que de cocktails molotovs.  Mais on y trouve pas mal de détails pratiques (comment faire des sprays de peinture téléguidés, des boucliers en mousse anti-charge de keuf...).

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Bon, le but de cet article n'est pas de critiquer ces deux initiatives louables et joliment réalisées, mais ma préférence ira vers "Recipes for Disaster", bien qu'en anglais, le livre est infiniment plus beau, superbement illustré (comme tous les bouquins de cette maison d'édition) et réellement ... prenant. La seule envie que l'on a au bout de la lecture de quelque page est de sortir dans la rue, appeler son groupe de potes, enfourcher son vélo et démarrer l'organisation d'une street party dans son quartier.

bordel___Denys

"Guerrilla Kit", lui, possède tout de même des qualités indéniables: il est écrit en français, il contient un dictionnaire de quelques termes du jargon militant, il y a aussi des "fiches bricolages" très détaillées (celle sur le fonctionnement d'une réunion au consensus est assez claire, ce qui n'est pas le cas de toutes les brochures à ce sujet) et sa structure en liens hypertextes (ou presque) lui donne l'aspect fouillis nécessaire à une lecture en désordre, heureuse.

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Tiens, voilà du boudin!

Vieille technique bolognaise, utilisée par les italiens de Tutte Bianche


L'intérêt de ces guide réside dans leur possibilité d'évolution, notamment parce que de nombreuses techniques deviennent vite obsolètes. C'est à chacun-e et à chaque groupe de rajouter des feuillets, de rayer des paragraphes entiers (notamment sur les aspects juridiques, le vent peut vite tourner), amender, corriger... Et ensuite de publier ces "guides" ou ces parties de guides sous forme de brochures librement copiables, diffusables (notamment par téléchargement)...

(Et donc la mention de copyright sur le bouquin de Morjane Baba me chafouine un petit peu... vu que dans le dictionnaire contenu dans le livre il y a une définition élogieuse du "Copyleft")




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